CHARLES GOUNOD. Chemise Franklin Marshall

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Chacun de nous deux doit être près de l’autre, dès que l’un des deux est exposé, je te l’ai déjà dit, et l’humeur peu militaire dont je suis doué n’a rien à voir ni à réclamer là dedans. Ce que j’ai fait, je l’ai regardé comme un devoir absolu, qui ne serait plus qu’un devoir relatif, et par conséquent moindre, et par conséquent nul, dès qu’un autre viendrait le primer.Notre chère pauvre patrie est dans une situation bien grave, et n’a encore, que je sache, rien traversé de pareil. Jamais les deux grands problèmes de la lutte à l’extérieur et de l’union à l’intérieur ne se sont posés avec la même urgence et dans de semblables proportions. Je suis convaincu de l’unité actuelle à l’intérieur, contre l’ennemi commun. Est-elle temporaire ou durera-t-elle après l’issue du combat, quelle qu’en soit la fin ? voilà la question. Vaincus ou victorieux, serons-nous, oui ou non, la France républicaine ? En tout cas, quelles que soient la résistance et la destinée de Paris, il me semble que la France mettra du temps à être dévorée ; c’est un gros morceau, et son unité ne sera peut-être pas si commode à déraciner. Chemise D&G
Allons, je vous embrasse pour nous tous. Mille bonnes amitiés à vos chers hôtes, et mes très affectueux respects à M. le curé, que je n’oublie jamais.CHARLES GOUNOD.19 octobre 1870, midi et demi.Chers amis,Nous allons sortir dans un instant avec madame Brown qui va venir nous prendre en voiture pour nous conduire au Palais de Cristal, dont les eaux jouent aujourd’hui pour la dernière fois et qu’elle veut absolument nous faire voir. Tu juges, mon Pigny, si mes yeux seront bien occupés de ce qui sera devant eux ! Je ne vois plus que notre patrie ! Je la vois, plus encore, plus obstinément que si j’y étais !Ah ! mon pauvre ami ! qui se lèvera donc pour tracer au courage français une conduite compacte sans laquelle ce courage, même héroïque, ne peut rien ! Tu le vois : tous, les uns après les autres, tombent, un à un, un par un, comme par une fatalité inouïe, dans la gueule de ce géant organisé, de cette hydre d’artillerie ; tous font naufrage dans cet océan ennemi ; tous vont échouer avec une intrépidité infatigable devant cette montagne toujours croissante de canons, et de bombes, et d’obus, et d’engins inattendus, et de bataillons tout prêts qui semblent sortir de terre partout où l’ennemi en a besoin !Et pendant ce temps-là, on destitue nos généraux, on les change de poste, on les laisse sans instruction, on les livre au petit bonheur de leur inspiration personnelle et privée !… Trois mille cinq cents hommes se font hacher pour défendre tant bien que mal, et jusqu’à extinction, une gare d’Orléans, sans savoir qu’ils ont trente-cinq mille hommes devant eux !Mais c’est de la démence que de prodiguer ainsi, dans les ténèbres de l’improvisation et du hasard, le sang, le courage, l’héroïsme de ces braves ! C’est TOUS qu’il faudrait être maintenant devant la Prusse ! TOUS, OU PAS UN ! Et ce qui m’étonne, c’est que l’urgence d’une loi n’ait pas appelé, il y a un mois, sous le même drapeau (celui, non seulement de la France, mais de l’humanité), trois millions de Français, et trente mille canons pour repousser une invasion non d’hommes, mais de machines !…Voici madame Brown qui arrive ! Adieu ! à bientôt !CHARLES GOUNOD. Chemise Franklin Marshall 8 Morden Road, Blackheath Park,Mardi, 8 novembre 1870.Mon Édouard,Voici encore que nous allons changer de domicile : nous quittons Morden Road samedi pour aller nous installer à Londres, où il va être indispensable que je sois pour mon travail et mes affaires. Il va falloir se remettre à l’œuvre et à la vie utile, car je ne peux pas me laisser plus longtemps éteindre et anéantir dans une tristesse sans fin et sans fruit ! Un mois de plus et je serais incapable de quoi que ce soit.Si je peux produire et vendre, je vendrai ; si je suis obligé de donner des leçons, j’en donnerai : car, hélas ! l’armistice se gâte, et ce que sera l’hiver chez nous, personne ne le sait. Voilà donc notre pauvre volière dispersée, mon ami ! Non les cœurs, mais les yeux et « je ne suis pas de ceux qui disent : ce n’est rien !… je dis que c’est beaucoup ! » – comme le bon La Fontaine.Dis à mon cher petit Guillaume combien ses lettres sont précieuses, non seulement au cœur de sa grand’mère, mais à la tendresse de son oncle, qui cherche et suit, avec une sollicitude que j’oserai presque appeler maternelle, la trace de tous ses sentiments, les élans de sa nature, les éléments de son avenir, le mouvement de sa pensée, tout cet ensemble enfin se composant en nous de ce qui persiste et de ce qui se transforme. Tout ce que je vois en lui est bien bon et de bien bon augure, et les graves et tragiques événements dont le tumulte accompagne son entrée dans la vie auront donné à toutes ses qualités l’âge que la paix leur eût peut-être donné vingt ans plus tard. Chemise G-Star
Tout le monde va bien. Jean et Jeanne embrassent tendrement leurs oncle et cousin.CHARLES GOUNOD.Mon cher Pi,Voilà donc encore une fois nos espérances trompées par la rupture définitive de cet armistice aux chances duquel il me semble que M. Thiers avait apporté toutes les garanties d’un négociateur consommé, et le gouvernement toutes les concessions où peut descendre un peuple qui se respecte. – Et maintenant, que va-t-il se passer ? Hélas ! je suis bouleversé d’y songer ! Mais, si je ne puis ni détacher ni détourner mon cœur des malheurs de notre cher pays, je sens qu’il faut absolument faire appel à mon travail, à mon devoir, à mon activité utile ; utile aux miens (car il faut les nourrir), – utile à moi-même, car il faut que je me tire de cette agonie à distance qui dure depuis notre arrivée ici, et qui me submergerait comme un déluge si je n’employais pas les forces qui me restent à réagir, moi aussi, contre cette invasion de mon territoire moral.Je vais donc, en présence des événements qui me paraissent rendre impossible d’ici à quelque temps, la perspective d’un retour en France, employer mon hiver à terminer ou du moins à avancer mon œuvre(17), afin que, quand les eaux se seront retirées, je puisse ouvrir mon arche, et en laisser envoler cette colombe (qui ne sera peut-être qu’un corbeau), mais qui, en tout cas, marquera pour moi le retour de l’arc-en-ciel et de la tranquillité des nations.

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